L' Église de Vallery


L' Eglise est ouverte à toute demande de visite. N'hésitez pas à appeler la Mairie afin de convenir d'un rendez-vous.

L’Église Saint Thomas de Cantorbéry fut construite entre 1612 et 1614, par la volonté de Henri II de Condé en remplacement de l’Église précédente, probablement construite sur la place située devant le château.
Elle abrite les sépultures de la famille des Condés et en particulier, dans la Chapelle sud, le mausolée du Prince Henri II. Patrimoine classé Monument Historique, ce cénotaphe, œuvre de Gilles Guérin, réalisé en marbre blanc et noir, repose sur quatre cariatides représentant, la Prudence, la Tempérance, la Force et la Justice.
En vis à vis, dans la chapelle nord, se trouve le monument funéraire du Général de Ferrière, qui s’illustra entre autres batailles, à Eylau et dont le nom figure sur le pilier ouest de l’Arc de Triomphe, à Paris.
Notre Église, dégradée lors de la Révolution Française et plusieurs fois remaniée au XIXème siècle, où on lui ajouta l’actuel clocher, a souffert, au XXème siècle d’un déficit d’entretien qui a conduit, il y a une dizaine d’années, la municipalité à entreprendre de très importants et très couteux travaux de restauration.
Les deux premières tranches, auxquelles fut déjà associée La Fondation du Patrimoine, ont permis à la commune de restaurer, entre autres choses, toute la couverture, la totalité de la voute, et de repeindre entièrement l’église, d’en restaurer les boiseries, d’en drainer les murs, imprégnés d’humidité, de refaire les vitraux du chœur. Tout cela pour un coût de près d’un million d’euros…..
Il reste pourtant encore de nombreuses choses à faire, pour que l’église de Vallery retrouve son état initial et toute sa beauté. Parmi celles-ci, la réalisation des 6 vitraux de la nef par un Maître Verrier qui les a conçus spécialement pour elle.
Malgré les fonds publics dont peut bénéficier la Commune, nous avons souhaité, comme nous l’avions mis en place pour les deux première tranches de travaux, avec un certain succès, mettre en place une souscription publique en partenariat avec la Fondation du Patrimoine. Chacun, marié, invité, habitant du village, visiteur ou entreprise peut ainsi apporter une aide précieuse à la réalisation de ce projet. Chaque donateur pourra, grâce à la Fondation du Patrimoine, bénéficier de déduction fiscale incitative. La Fondation reversera vos dons à la commune et pourra y ajouter une subvention complémentaire..

 

Si vous voulez faire un don aller sur cette page :  https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/eglise-de-vallery


DÉMARCHE ARTISTIQUE

 

"Se rappeler qu'un tableau, avant d'être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs, en un certain ordre assemblés." Maurice DENIS (1870-1943) peintre Nabi (« l'inspiré de Dieu «).

 

"Garder à l'esprit, que le vitrail, appartient pleinement à l'expression plastique d'un lieu, pour habiter l'espace dans le plan. À ce titre, le vitrail est une manifestation d'art monumental, à l'instar de la fresque ou de la tapisserie". Sophie BERECZ, née en 1957, artiste et maître-verrier.

 

Les matériaux sont humbles et nobles : le verre, le plomb, l'étain et quelques émaux et grisailles pour animer le corps du verre. Ainsi, je m'évertue à découper et à sertir la lumière, pour mieux la servir.

 

Le vitrail n'est autre que l'intime union du trait et de la couleur ; les contraintes inhérentes à sa technique invitent à s'en libérer en stimulant la recherche. Le chemin de plomb qui morcelle le verre, en structure la lumière.

 

J'observe les vitraux du chœur de l'église Saint-Thomas. Témoins du 19ème siècle, où la virtuosité du geste est telle, que le verre disparaît pour devenir simple support.

 

Je les garde en mémoire, j'en lis l'histoire, je les assimile, j'en hérite et je les oublie.

 

C'est toute l'histoire du respect de notre patrimoine.

 

Je restitue la trace que j'en ai conservée, à ma manière, en occupant ma place d'être humain du 21ème siècle, c'est-à-dire :

 

         Un graphisme figuratif épuré, pour s'identifier, se repérer et rêver ;

         Une gamme chromatique riche de verres texturés et nuancés, pour animer la lumière.

 

•Je raconte une histoire dans chaque baie, mais l'ensemble des baies est un fragment d’histoire ;

• Je garde l'idée des couleurs franches et toniques, presque saturées ; mais je les aère avec une grande part de lumière par des verres clairs sur l’ensemble ;

• Je répartis cet accord coloré sur l'ensemble des baies par un système d'opposition et de complémentarité : froid/chaud, clair/sombre, plein/vide, mat/brillant, lisse/texturé: équilibre pour chaque vitrail, et rythme pour l'ensemble;

• Je privilégie la sinuosité du trait pour orchestrer l'espace et le rendre lisible.

 

Rythmer l'espace de la nef, avec 3 thèmes d'histoire et 3 thèmes symboliques ; les premiers appartiennent à l'histoire humaine d'un temps et d'un lieu, liant la petite histoire des uns à la grande histoire des autres; les 3 autres thèmes tentent l'évocation d'un esprit, d'un credo propres à l'époque, et néanmoins encore d'actualité.

 

Dans les vitraux centraux (vertus cardinales/le jardin d'Eden), j'ai cherché à exprimer un espace de calme, de silence, et de réflexion par les symboles.

 

Sur la façade Sud, le tumulte des guerres dites "saintes" (Jehan de Vallery), et le caractère "divin" du souffle universel (l'Esprit Saint).

 

Sur la façade Nord, le tumulte d'une révolution d'idées et d'aspirations (Renaissance), et la mise en scène de faits d'armes, des possessions et autres passions humaines sur la verticalité de l'arbre (le Vieux Chêne).

 

 

JEHAN DE VALLERY

 

Jehan de Vallery, fait partie de la lignée qui a fait bâtir le premier château, dont il reste une enceinte.

Fait marquant de sa vie, sa participation à la "septième croisade" (1248-1254) lancée par le roi Louis IX, le futur roi "Saint-Louis".

 

 

J'ai choisi d'évoquer "l'histoire personnelle" de ce seigneur, par son combat singulier, en tant que "Croisé" contre "l'infidèle", le Sarrasin. Cet épisode à hauteur d'hommes trouve une portée universelle encore aujourd’hui : les conflits entre différentes confessions religieuses, le choc de cultures, voire de civilisations entraînant intolérance et destruction.

 

 Le combat en tant que tel, induit le dépassement des destins particuliers. Les idéaux, les dogmes, les causes s'affichent par des emblèmes, des couleurs, des attributs. Pas de visages, uniquement des soldats antagonistes, avec leurs montures et leurs armes.

 

 

RENAISSANCE

 

La Renaissance, période riche en contrastes ; les humains commencent à s'affranchir de la tutelle de Dieu, mais fabriquent les guerres de religion. Sur le plan artistique, la découverte de la perspective ouvre l'espace d'une manière révolutionnaire ; c'est l'ivresse indescriptible de pouvoir créer le monde et d'en devenir l’acteur : les portraits s'affichent sur les toiles, et les sujets religieux s'incarnent avec sensualité. L'Antiquité est revisitée, pour la revivre en la dépassant.

 

J'ai façonné mon univers aussi, en mélangeant les angles de vue : vue de terre, et vue du ciel ; je suis aussi spectatrice, je contemple la scène avec ses personnages principaux en avant-plan, et la nature en décor.

 

Un homme et une femme : lui, pourrait être le maréchal de Saint-André, seigneur du château qu'il fit édifier en 1548 à l'emplacement du château-fort du XIIIème siècle ; elle, peut-être une princesse de Clèves, figure emblématique de son époque ; enfin, un soldat, celui des guerres de religion qui vont incendier le siècle.

 

 

LE VIEUX CHÊNE

 

La nature, par l'arbre en général, et le chêne en particulier, symbole de puissance, de vitalité, et de longévité. Besoin d'assise, de stabilité et de confiance par rapport au tourbillon de la vie.

 

• Cet arbre séculaire, fut planté dans le parc du château, à l'occasion de la naissance (1621) du prince le plus illustre de la lignée des Bourbon-Condé, Louis II dit le Grand-Condé.

• Les blasons dans la frondaison du chêne concernent :

 

1) Le commanditaire du château de la Renaissance, Jacques d'Albon, maréchal de Saint-André (1505-1562);

 

2) Le blason du premier prince de la lignée des Bourbon-Condé, Louis Ier (1530-1569);

 

3) Les armes de la maison de Condé dès 1588.

 

De par sa notoriété, trois "images" évoquent la figure du Grand-Condé :

 

• Le griffon, animal fabuleux à tête d'aigle et corps de lion, symbole de courage ; il orne son épaulière sur son buste sculpté.

 

• L'insigne du plus ancien des régiments de cavalerie, les condés-dragons tel qu'il existe depuis 1940 (corps de cavalerie dès 1556, puis régiment de cavalerie en 1635) dont le

 

Grand-Condé fit partie ; ramassé sur lui-même, prêt à bondir, un dragon fabuleux tient dans ses serres l'étendard d'Enghien-Cavalerie, tel qu'il fut à la bataille de Rocroi derrière le Grand Condé. Le Bûcher représente l'immortalité du Phoenix, dévisageant le soleil.

 

• La statue équestre d'Anne de Montmorency, évoque le château de Chantilly, une des résidences du Grand-Condé.

 

 

LES QUATRE VERTUS CARDINALES

 

Le christianisme fonde essentiellement notre civilisation (les 4 vertus cardinales); La géométrie euclidienne structure l'espace physique ambiant, et se décline dans l'art du jardin; L'Art se renouvelle au travers de figures humaines revisitées (les allégories féminines avec leurs symboles, les angelots);

 

Encore et toujours, l'union du sacré et du profane.

 

Le labyrinthe, haut symbole de spiritualité, figurait d'abord, dans églises et

 

Cathédrales. A la Renaissance, le labyrinthe acquiert la dimension profane du jeu, en s'intégrant dans les jardins.

 

Les "putti", garçonnets joufflus et moqueurs, souvent ailés, sont des figures de l'art de la Grèce Antique, largement repris au Quattrocento (la Renaissance italienne du XV ème siècle), lui-même rayonnant dans toute l'Europe en général, et la France en particulier.

 

Les figures géométriques évoquent le jardin d'agrément composé d'un parterre de carrés disposés de part et d' autre d'un long bassin rectangulaire;

 

Les quatre vertus cardinales : elles sont à l'origine de la démarche pour tout chrétien, de la pratique du bien : 4 valeurs morales pour anticiper (la prudence), promouvoir (le courage), répartir (la justice) le bien pour tous, en endiguant ses mauvais penchants (la tempérance).

 

L'ESPRIT SAINT

 

Le dogme (la trinité) parmi d'autres du christianisme. Représenté le plus souvent dans l'iconographie par une colombe ;

L’Eucharistie représentée par le calice, avec le pain et vin (blé et vigne).

 

L'esprit, c'est aussi le souffle ; donc l'air, la lumière, les couleurs et les saisons; ainsi sous nos yeux, le cycle de la vie et de la mort; la brièveté et la précarité de la vie (la rose, les feuilles); mais également sa valeur universelle, sous la forme des 2 poissons se régénérant l'un l'autre.

 

Sous sa forme sacrée, ce cycle est célébré par l'Eucharistie, avec sa liturgie (le calice, le blé, la vigne), le sacrement de la mort et de la résurrection du Christ (gouttes de sang);

Enfin, la chaîne des lacs d'amour épouse la voûte céleste, amour divin, solidarité humaine.

 

LE JARDIN D'EDEN

 

Le paradis perdu, un graal à rechercher, des illusions perdues, l'espoir d'une vie meilleure, l'aspiration au repos de l'âme et du corps ? A chacun ses mots, à chacun sa quête de sens ou de non-sens...à lire librement.

Et la lumière fut, sur fond de ce ciel toujours sombre des physiciens, avec étoiles et constellations, objets convoités de toutes nos investigations scientifiques ou poétiques ;

Phoenix et Pégase, face-à-face avec le soleil, l'immortalité et le pouvoir d'Icare sans la chute ;

L'arbre de vie, l'arbre de la connaissance, le bien et le mal, le yin et le yang, la tentation ou la résignation, l'humilité ou l'orgueil, la foi ou le doute ;

Les fruits, la nature en abondance, la plénitude, un présent éternel avant l'irruption du chaos et de la souffrance ;

Les paons, toutes parures repliées, peut-être absence du désir à déchiffrer le mystère ambiant...

 

DESCRIPTIF

 

L’église Saint Thomas de Cantorbéry fut construite entre 1612 et 1614, par la volonté de Henri II de Condé en remplacement de l’église précédente, probablement construite sur la place située devant le château.

 

Elle abrite les sépultures de la famille des Condés et en particulier, dans la Chapelle sud, le mausolée du Prince Henri II. Patrimoine classé Monument Historique, ce cénotaphe, œuvre de Gilles Guérin, réalisé en marbre blanc et noir, repose sur quatre cariatides représentant, la Prudence, la Tempérance, la Force et la Justice.

 

En vis à vis, dans la chapelle nord, se trouve le monument funéraire du Général de Ferrière, qui s’illustra entre autres batailles, à Eylau et dont le nom figure sur le pilier ouest de l’Arc de Triomphe, à Paris.

 

Notre église, dégradée lors de la Révolution Française et plusieurs fois remaniée au XIXème siècle, où on lui ajouta l’actuel clocher, a souffert, au XXème siècle d’un déficit d’entretien qui a conduit, il y a une dizaine d’années, la municipalité à entreprendre de très importants et très couteux travaux de restauration.

 

Les deux premières tranches, auxquelles fut déjà associée La Fondation du Patrimoine, ont permis à la commune de restaurer, entre autres choses, toute la couverture, la totalité de la voute, et de repeindre entièrement l’église, d’en restaurer les boiseries, d’en drainer les murs, imprégnés d’humidité, de refaire les vitraux du chœur. Tout cela pour un coût de près d’un million d’euros….

 

Il reste pourtant encore de nombreuses choses à faire, pour que l’église de Vallery retrouve son état initial et toute sa beauté. Parmi celles-ci, la réalisation des 6 vitraux de la nef par un Maître Verrier qui les a conçus spécialement pour elle.